Le texte qui suit est l'introduction à l'ouvrage de Gerald
Raunig sur théorie des machines qui paraîtra au printemps 2008 dans série
"Es kommt darauf an" chez Turia + Kant (cf. aussi http://www.turia.at/titel/raunig_m.html).
Le grand
mérité du travail de Gerald Raunig est celui de remettre en circulation le
concept de machine tel que Deleuze et Guattari l’ont formulé et le confronter
avec la tradition marxiste qui s’exprime de façon la plus novatrice dans le
post-opéraisme. Le travail de Gerald montre les recoupements possibles, les
continuités, mais laisse aussi entrevoir les discontinuités entre ces deux
théories qui se sont développées à des époques sensiblement différentes.
Ici, je voudrais seulement
reprendre quelque éléments de la théorie des machines de Deleuze et Guattari et
montrer comment elle peut contribuer à une définition du capitalisme
contemporain. Les convergences et les différences avec la théorie
post-opéraiste émergeront d’elles-mêmes. En interprétant le point de vue de
Deleuze et Guattari on pourrait affirmer que le capitalisme n’est pas un
"mode de production", n’est pas non plus un système, mais il est à la
fois un ensemble de dispositifs d’asservissement machinique et un ensemble de
dispositifs d’assujettissement social. Les dispositifs sont des machines, mais,
comme le fait remarquer Gerald, à la suite de Deleuze et Guattari, les machines
ne dépendent pas de la
techne. La
machine technologique n’est qu’un cas de machinisme. Il y a des machines
techniques, esthétiques, économiques, sociales, etc.
A une machine (technique,
sociale, communicationnelle, etc.) on peut être "asservi" et /ou
"assujetti". Nous sommes asservie à une machine lorsque nous
constituons une pièce, un rouge de la machine, un de ses éléments qui lui
permettent de fonctionner. Nous sommes assujettis à la machine lorsque nous
sommes constitués un usager de la machine, en sujet d’action qui l’utilise.
L’assujettissement agit sur la dimension molaire de l’individu (sa dimension
sociale, ses rôles, ses fonctions, ses représentations, ses affections), tandis
que l’asservissement machinique agit sur la dimension moléculaire,
pré-individuelle , infra-sociale (les affects, les sensations, les désirs, les
relations non encore individuées, non assignables à un sujet). Je vais essayer
d’exemplifier les caractéristiques des dispositifs d’assujettissement et
d’asservissement à travers leur fonctionnement dans la
"machine" - télévision.
La constitution du sujet dans
la communication et dans le langage
"Qui osérait encore prétendre aujourd’hui, que sa colère soit
vraiment sienne,
quand tant de gens se mêlent de lui en parler et de s’y
retrouver mieux que lui même?!"
[1]
Robert Musil
Le système capitaliste, à
travers l’assujettissement social, produit et distribue des rôles et des
fonctions, il nous équipe d’une subjectivité et il nous assigne à une
individuation spécifique (identité, sexe, profession, nationalité, etc.).
L’assujettissement, d’une part, nous individue, nous constitue en sujet d’après
les exigences du pouvoir, et, d’autre part, il attache chaque individu à une
identité "sue et connue", bien déterminée une fois pour toutes.
Comment la télévision
produit-elle l’assujettissement? Quel rôle jouent le langage et la communication
dans ce processus?
La fonction-sujet dans la
communication et dans le langage n’a rien de naturel, elle, doit, au contraire,
être construite et imposée. Selon Deleuze et Guattari, le sujet n’est ni
condition du langage, ni cause d’énoncé. En réalité, dit Deleuze, ce qui
produit les énoncés en chacun de nous, ce n’est pas nous, en tant que sujet,
c’est toute autre chose, ce sont les "multiplicités, les masses et les
meutes, les peuples et les tribus, les agencements collectifs qui nous traversent,
qui nous sont intérieurs et que nous ne connaissons pas". Ce sont eux qui
nous font parler, et c’est à partir d’eux que nous produisons des énoncés. Il
n’y a pas de sujet, il n’y a que des agencements collectifs d’énonciation
producteurs d’énoncés. "L’énoncé est toujours collectif, même lorsque il
semble être émis par une singularité solitaire comme celle de l’artiste."
[2]
La machine télévisuelle
extrait de ces agencements collectifs, de la multiplicité qui nous traverse et
nous constitue, un sujet qui se pense et se vit comme cause et origine
absolue et
individuelle de ses expressions, paroles, affects. La télévision
fonctionne à partir d’un petit nombre d’énoncés déjà codifiés qui sont les
énoncés de la réalité dominante et d’une série de modalités d’expression
préfabriquées, et elle prétend faire de ces énoncés et de ces expressions, les
énoncés et les expressions mêmes des sujets individuels. Comment elle s’y
prend?
La télévision arrive à faire
passer les énoncés conformes à la réalité dominante du capitalisme comme des
énoncés des individus, par la mise en place d’une machine d’
interprétation de leurs paroles et de
leur expression et d’une machine de
subjectivation
qui fonctionne à partir de la constitution d’un double du sujet. Elle vous
incite à parler en tant que sujet d’énonciation, comme si vous étiez la cause
et l’origine des énoncés et, au même temps, vous êtes parlé, comme sujet
d’énoncé, par la même machine de communication. Si vous êtes interviewé à la
télévision (peu importe si dans une émission littéraire ou dans un talk show,
où si vous exprimez votre vécu dans un reality show), vous êtes institué comme
sujet d’énonciation ("Vous, cher téléspectateur, ou vous, cher invité, qui
faites la télévision") et soumis à une machine d’interprétation à plusieurs
volets. Tout d’abord, vous passez sous la domination d’une machine
non-discursive qui interprète, sélectionne et normalise, avant même que vous
commenciez à parler.
La télévision, suivant
l’évolution des sciences du langage, de la linguistique à la pragmatique, prend
en charge toutes les composantes de l’énonciation, linguistiques et non
linguistiques. La télévision ne fonctionne pas seulement à partir d’un petit
nombre d’énoncés touts faits, mais aussi à partir de la sélection d’un certain
lexique, d’une certaine intonation, d’une certaine vitesse du débit de la
parole, d’un certain comportement, d’un certain rythme, d’une certaine
gestuelle, d’une certaine façon de s’habiller, d’une certaine distribution des
tonalités de couleur, d’un certain cadre dans lequel vous parlez, d’un certain
cadrage de l’image, etc. Dès que vous ouvrez la bouche, vous passez sous
l’interprétation discursive du journaliste qui, à l’aide de l’expert et du
savant, mesure l’écart qui reste encore, éventuellement, entre votre
énonciation, votre subjectivation, votre signification et les énoncés, la
subjectivation, les significations dominantes. À la fin de l’interview vous
êtes un sujet d’énoncé, un effet des sémiotiques de la machine de
communication, qui se prend pour un sujet d’énonciation, qui se vit comme la
cause et l’origine absolue et individuelle des énoncés, alors qu’il est le
résultat d’une machinerie dont il n’est que le terminal.
Votre parole est
rabattue sur des énoncés et sur des modalités d’expression
qu’on vous impose et qu’on attend de vous et votre réalité mentale
est rabattue sur la réalité dominante. Vous vous êtes coulé dans les énoncés et
dans les expressions de la machine de communication, sans y prendre garde.
À la télévision vous risquez
toujours d’être déjà piégé dans les significations et les subjectivations
dominantes, quoi que vous disiez et quoi que vous fassiez. Vous parlez, mais
vous risquez de ne rien dire de ce qui vous concerne vraiment. Tous les
dispositifs d’énonciation de nos sociétés démocratiques sont de variations plus
au moins sophistiquées de ce dédoublement du sujet par lequel le sujet
d’énonciation doit se réfléchir dans un sujet d’énoncé: sondages, marketing,
élection, représentation politique et syndicale etc. En tant que électeur, vous
êtes sollicité à exprimer votre opinion comme sujet d’énonciation, mais, au
même temps, vous êtes déjà parlé comme sujet d’énoncé, puisque votre liberté
d’expression se limite à choisir entre des possibles déjà codifiés. L’élection,
comme les sondages, comme le marketing, comme la représentation syndicale et
politique présuppose le consensus et l’accord préalables sur les questions et
sur les problèmes sur lesquels on n’a pas demandé votre avis. Plus vous vous
exprimez, plus vous parlez, plus vous rentrez dans l’interactivité de la
machine de communication, plus vous renoncez à ce que vous aviez à dire, parce
que les dispositifs communicationnels vous coupent des vos propres agencements
collectifs d’énonciation et qu’ils vous branchent sur d’autres agencements
collectifs (la télévision dans ce cas).
L’assujettissement n’est pas
une question d’idéologie. Il ne concerne pas spécialement les signes, les
langages, la communication, car l’économie est une puissante machine de
subjectivation. C’est le capitalisme lui-même qui peut être défini non pas
comme un "mode de production", mais comme une machine de
subjectivation. Pour Deleuze et Guattari, le capital agit comme un formidable
"point de subjectivation constituant tous les hommes en sujets, mais les
uns, les ‘capitalistes’, sont comme les sujets d’énonciation […], tandis que
les autres, les ‘prolétaires’, sont les sujets d’énoncé, assujettis aux
machines techniques"
[3].
La
transformation du salarié en "capital humain", en entrepreneur de
soi-même, telle qu’elle est mise en place par les techniques de management
contemporaines, est l’accomplissement du processus de subjectivation et du
processus d’exploitation, puisque, ici, c’est le même individu qui se dédouble.
D’une part, il porte la subjectivation au paroxysme, puisqu’il implique dans
toutes ses activités les ressources "immatérielles" et
"cognitives" de son "soi", et d’autre part, il porte à
identification subjectivation et exploitation, puisqu’il est à la fois patron
de lui-même et esclave de lui-même, capitaliste et prolétaire, sujet
d’énonciation et sujet d’énoncé.
L’asservissement machinique
"Asservir dans un sens voisin à celui de la cybernétique, en
d’autres
termes, téléguider, mettre en rétroaction et ouvrir à des nouvelles
lignes de possibles."
Félix
Guattari
La machine-télévision agit
aussi en tant que dispositif d’asservissement machinique, en investissant le
fonctionnement de base de comportements perceptifs, sensitifs, affectifs,
cognitifs, linguistiques et en opérant ainsi sur les ressorts même de la vie et
de l’activité humaine.
L’asservissement machinique
consiste dans la mobilisation et une modulation des composantes
pre-individuelles, pre-cognitives et pre-verbales de la subjectivité, qui fait
fonctionner les affects, les perceptions, les sensations non encore individués,
non encore assignable à un sujet, etc., comme des pièces, des éléments d’une
machine. Alors que l’assujettissement engage des personnes globales, des
représentations subjectives molaires aisément manipulables, "l’asservissement
machinique agence des éléments infrapersonnels, infrasociaux, en raison d’une
économie moléculaire du désir beaucoup plus difficile à tenir au sein des
rapports sociaux stratifiés", qui mobilisent des sujets individués.
L’asservissement machinique n’est donc pas la même chose que l’assujettissement
social. Si ce dernier s’adresse à la dimension molaire, individuée de la
subjectivité, le premier active sa dimension moléculaire, pre-individuelle,
pre-verbale, pré-sociale.
Dans l’asservissement machinique,
nous ne sommes plus des usagers de la télévision, des "sujets" qui se
rapportent à elle comme un objet externe. Dans l’asservissement machinique,
nous sommes agencés à la telévision et nous fonctionnons comme des composantes
du dispositif, comme des éléments d’input / output, comme des simple relais de
la télévision, qui font passer et/ou empêchent le passage de l’information, de
la communication, des signes. Dans l’asservissement machinique nous faisons
littéralement corps avec la machine. Le fonctionemment de l’asservissement
machinique ne connaît pas la distinction entre "humain" et non
humain, entre sujet et objet, sensible et intelligible.
L’assujettissement
social considère les individus et les machines comme des totalités closes sur
elles-mêmes (le sujet et l’objet) et trace entre eux des frontières
infranchissables. L’asservissement machinique, par contre, considère les
individus et les machines comme des multiplicités ouvertes. L’individu et la
machine sont des ensembles d’éléments, des affects, des organes, des flux, des
fonctions qui sont sur le même plan et que l’on ne peut pas opposer selon les
dualismes du sujet / objet, humain / non humain, sensible / intelligible. Les
fonctions, organes, forces de l’homme s’agencent avec certaines fonctions,
organes, forces de la machine technique et ensemble constituent un agencement.
Selon Guattari il y a un
aspect "vivant", une capacité énonciative, une réserve de possibles
qui existent dans la machine et que l’on peut découvrir seulement si on s’installe
dans cette dimension machinique. La machine n’est pas seulement la totalité des
pièces, des éléments qui la composent. "Elle est porteuse d’un facteur
d’auto-organisation, de feed-back et d’autoreférence même à l’état
mécanique." Elle a un pouvoir: le pouvoir d’ouvrir des processus de
création. Ainsi, aussi bizarre que cela puisse paraître pour la tradition de la
pensée occidentale, la "subjectivité" se trouve à la fois du côté du
sujet et du côté de l’objet.
La grande
force du capitalisme tient à ces deux dispositifs qui fonctionnent comme deux
faces de la même medaille, mais c’est l’asservissement machinique qui confère
au capitalisme une sorte de toute puissance, puisqu’il passe à travers les
rôles, les fonctions et les significations dans lesquels se reconnaissent et
s’aliènent les individus. C’est à travers l’asservissement machinique que le
capital arrive à mettre au travail les fonctions perceptives, les affects, les
comportements inconscients, la dynamique pre-verbale et pre-individuelle et ses
composantes intensives, a-temporelles, à-spatiales, a-signifiantes. C’est à
travers ces mécanismes qu’il s’empare de charge de désir portée par l’humanité.
Cette
partie de la réalité de la "production" capitaliste reste en grand
partie invisible. Même la définition de transindividuels n’arrive pas à la
saisir, puisqu’il faudrait plutôt parler de transmachiniques, des relations à
la fois en deçà et au-delà de la dimension sociale et individuelle. C’est dans
ce sens que Deleuze et Guattri parlent de temps machinique, d’une plus-value
machinique, d’une production machinique. De toute façon, c’est sur cette base
qu’il y a accumulation, production de la valeur et exploitation. Cette partie
"invisible" de la production capitaliste est la plus importante et
celle que, paradoxalement, la comptabilité de valeur ne prend jamais en compte,
celle qui échappe à la mésure.
Selon Félix Guattari, la
part d’asservissement machinique qui entre dans le travail humain (ou dans la
communication), "n’est jamais quantifiable en tant que telle",
puisque elle n’est pas dénombrable. "En revanche l’assujettissement
subjectif, l’aliénation sociale inhérente à un poste de travail ou à n’importe
quelle fonction sociale l’est parfaitement"; puisque elle est toujours
dénombrable. On peut mesurer un temps de présence, un temps d’aliénation
sociale d’un sujet, mais pas ce qu’il apporte, d’ailleurs pas en tant que
sujet, à dimension machinique. On peut quantifier le travail apparent d’un
physicien, son temps d’aliénation sociale, le temps qu’il passe dans son
laboratoire, non la valeur machinique des formules qu’il élabore. Le paradoxe
de Marx est celui de décrire une production machinique et de la vouloir mesurer
par l’assujettissement, avec des temporalités humaines (le temps de travail de
l’ouvrier).
La ritournelle ou la production de subjectivité ou la
machine abstraite
Les machineries
d’asservissement et de subjectivation travaillent sur des relations. Leur
action, selon la définition du pouvoir chez Foucault, est une action sur une
action possible, une action sur des individus "libres", c’est-à-dire
des individus qui peuvent toujours, virtuellement, agir différemment. Ce qui
implique non seulement des éventuels échecs dans l’assujettissement, des
résultats imprévisibles, l’activation des détournements, des ruses, des
résistances des individus, mais aussi la possibilité de processus de
subjectivation indépendantes, autonomes. Nous retrouvons ici le troisième
concept de machine: la "machine abstraite", dont nous allons
exemplifier le fonctionnement toujours à travers la télévision.
Lorsque je regarde la
télévision j’existe au carrefour des différents dispositifs: 1. un dispositif
que l’on pourrait définir d’asservissement machinique qui ici peut être
représenté par la "fascination perceptive provoqué par le balayage
lumineux de l’appareil"
[4],
qui peut s’agencer avec des intensités, des temporalités, des affects du corps,
du cerveaux, de la mémoire qui me traversent et qui constituent ma dimension
pre-individuelle, moléculaire; 2. d’un rapport de capture avec le contenu
narratif qui mobilise mes représentations, mes sentiments, mes habitudes en
tant que sujet (ma dimension molaire); 3. d’un monde des fantasmes conscients
et inconscients habitants ma revérie…
Malgré la diversité des
composantes d’assujettissement et d’asservissement, malgré la diversité des
matières d’expression et des substances d’énonciation linguistiques et
machiniques, discursives et non-discursives qui me traversent, je conserve un
sentiment relatif d’unicité et de clôture, de parachèvement. Ce sentiment
d’unité et de parachèvement est donné par ce que Deleuze et Guattari appellent
une ritournelle. De cet ensemble de dispositifs se détache un
"motif", une ritournelle qui fonctionne comme un "attracteur
". "Les différentes composantes conservent leur
hétérogénéité, mais sont captées cependant par une ritournelle"
[5]
qui les fait tenir ensemble.
La ritournelle nous renvoie
aux techniques de production de subjectivité, de "rapport à soi" de
Michel Foucault. Des relations de pouvoir et de savoir se détachent des
processus de subjectivation qui leur échappent. La ritournelle est la condition
de fonctionnement de la "machine abstraite", qui, en dépit de son
nom, est la machine la plus singulière, celle qui arrive à fonctionner transversalement
à ces différents niveaux, à leur donner une consistance non seulement cognitive
ou esthétique, mais d’abord existentielle. La machine abstraite agence des
éléments matériels et sémiotiques, mais à partir d’un point qui est
non-discursif, d’un point innommable et irracontable, puisqu’elle touche au
foyer de non-discursivité qui est au cœur de la discursivité. Elle opère une
mutation subjective, en faisant franchir de seuils existentiels.
Guattari décrit de cette façon la
"machine abstraite" Debussy: "C’est une énonciation, une
coupure, une sorte de foyer non discursif. Il y a non seulement la dimension
musicale, mais aussi des dimensions adjacentes, plastiques, littéraires,
sociales (le salon, le nationalisme), etc. C’est donc un univers hétérogène
avec des composantes multiples. De cette constellation des univers, de mondes
se détache un 'énonciateur' qui les fait tenir ensemble d’une nouvelle
manière."
Il y a dans la
ritournelle, dans le rapport à soi, dans la production de la subjectivité, la
possibilité de jouer l’événement, il y a la possibilité de se soustraire à la
production sérialisée et standardisée de la subjectivité. Mais cette
possibilité, il faut la construire. Les possibles, il faut les créer. C’est
dans ce sens que va le "paradigme esthétique" de Guattari: construire
les dispositifs politiques, économiques et esthétiques où cette mutation
existentielle puisse être expérimentée. Une politique de l’expérimentation et
pas de la représentation.
[1] R.
Musil,
Der Mann ohne Eigenschaften I.
Erstes und zweites Buch, Reinbek bei Hamburg: Rowohlt
202005, p.
150.
[2] G. Deleuze / F.
Guattari,
Kafka. Pour une littérature
mineure. Paris: Les èditions de Minuit 1975, p. 149.
[3] G. Deleuze / F.
Guattari,
Mille Plateaux. Capitalisme et
Schizophrénie II, Paris: Editions de Minuit 1980, p. 571.
[4] F.
Guattari,
Chaosmose, Paris: Galilée
1992, p. 32.
[5] F. Guattari,
Chaosmose, Paris: Galilée 1992, p. 33.
Read more...