Sartre: "La liberté de critique est totale en URSS"
Jean-Paul Sartre (1905-1980)
"La liberté de critique est totale en URSS"
Article paru dans Libération. 15 juillet 1954
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Alexandre Franco Sá: Finitude e liberdade na confrontação de Heidegger com Kant
O estudo que aqui pretendemos apresentar parte da consideração
conjugada de dois aspectos essenciais que caracterizam o desenvolvimento do pensamento de Heidegger no seguimento da publicação
da primeira parte de Sein und Zeit, em 1927.
O primeiro aspecto a que nos referimos consiste no facto de Heidegger, depois de publicadas as duas primeiras secções da primeira
parte dessa obra, não ter prosseguido o plano inicial, deixando assim
incompleta aquilo a que se poderia chamar a sua primeira tentativa de
elaboração de uma “ontologia fundamental”. Com efeito, nas páginas publicadas em 1927 sob o título Sein und Zeit, Heidegger esboça aquilo a que ele mesmo chama uma “analítica preparatória do Dasein”, ou seja, uma analítica preparatória do ente que “nós mesmos
somos”, abordando-o a partir da “abertura ao ser”, da compreensão
do ser (Seinsverständnis), que determina a constituição ontológica
desse mesmo ente. Uma tal analítica era preparatória na medida em
que deveria preparar uma ontologia fundamental: uma consideração
do ser em geral na sua articulação meta-ontológica com os vários
modos de ser possíveis, os quais deveriam ser fenomenologicamente
diferenciados e caracterizados. é justamente esta ontologia fundamental meta-ontologicamente articulada, a qual deveria ser estabelecida na sequência do projecto delineado em Ser e tempo, que é
deixada por Heidegger num estado de incompletude.
O segundo aspecto que pela nossa análise é visado consiste no
facto de Heidegger ter trocado a prossecução do plano inicial de Sein
und Zeit, em relação à qual as lições de Marburgo do semestre de
Verão de 1927, desenroladas sob o título Grundprobleme der Phänomenologie, representam um derradeiro esforço1, por uma confrontação (Auseinandersetzung) com o – ou, o que na terminologia de Sein und Zeit é o mesmo, por uma “destruição” (Destruktion) do – projecto crítico de Kant. é uma tal confrontação que se inicia com as
lições intituladas Phänomenologische Interpretation von Kants Kritik der reinen Vernunft, as quais decorrem no semestre de Inverno de
1927-1928, e que atinge o seu ponto culminante com a publicação
de Kant und das Problem der Metaphysik, em 1929, no contexto do
debate de Davos com Ernst Cassirer. E é nesta mesma confrontação
com o projecto crítico de Kant que Heidegger interpreta este mesmo
projecto a partir da sua contraposição ao neokantismo da Escola de
Marburgo.
Conferência inédita, proferida em 2007, no Brasil - em arquivo PDF
Xavier Zubiri: Obras (Works of Xavier Zubiri)
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José Luis Moreno Pestaña: Un philosophe lit un psychiatre existentiel : Foucault sur Binswanger
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Philippe Sollers: Maurice Blanchot l'extreme
[Source: site de Sollers/ Le Nouvel Observateur du 10 juillet 2008]
Le vice aime célébrer la vertu : tous ces moines de la grande ascèse ont donc eu, peu à peu, une réputation excellente.
Blanchot a beaucoup écrit, des romans obscurs obsédés par la mort, des livres de grande critique mémorables («Lautréamont et Sade», «le Livre à venir»). Vous ne l'attendiez pas en politique ? Erreur. Certes, il ne s'agit pas de l'engagement sartrien, mais justement : à partir de 1958, Blanchot est d'extrême gauche. Qu'il ait été, avant la guerre, résolument d'extrême droite, écrivant dans des journaux comme «l'Insurgé», a été une révélation gênante, vite pardonnée par le clergé intellectuel. D'ailleurs, plus précautionneux que Heidegger, Blanchot n'a cessé de rappeler son amitié avec Levinas, donc pas d'antisémitisme. En revanche, une vraie passion haineuse : de Gaulle, rejeté systématiquement dans l'abîme. De Gaulle est un fasciste, un mort-vivant, un faux messie, un imposteur, il faut lui opposer un refus sans faille (mais je réentends Georges Bataille, à qui on associe indûment et continûment Blanchot, dire de sa voix douce : «Pour un général catholique, ce de Gaulle n'est pas si mal»). Ici, un coup d'éclat salubre : le fameux «Manifeste des 121» contre la guerre d'Algérie appelant à l'insoumission : «Le mot insoumission dit : il faut refuser la guerre d'Algérie parce qu'il faut refuser l'oppression et l'absurdité que cette guerre représente.»
Pour un jeune «appelé» de l'époque, prisonnier dans des hôpitaux militaires, le mot «insoumission» était une des rares lueurs d'espoir. Que ce soit précisément de Gaulle qui ait mis fin à la guerre d'Algérie ne compte nullement aux yeux de Blanchot. «Ce n'est pas un homme d'action, agir ne le concerne pas.» A titre personnel, je ne peux quand même pas oublier que c'est Malraux qui m'a fait libérer d'une situation qui, avec la grève de la faim, devenait de plus en plus délicate.
Il n'empêche : Blanchot a été poursuivi pour atteinte à la sûreté de l'Etat, ses interrogatoires par la justice sont un régal, de même que sa lettre à Sartre de 1960, où il lui propose de créer une nouvelle revue internationale. Ce projet n'aboutira pas, mais Blanchot touche juste : «Nous avons tous conscience que nous approchons d'un mouvement extrême du temps, de ce que j'appellerais un changement de temps.» En effet, 1968 s'approche. Et là, Blanchot se déchaîne en révolutionnaire absolu, communiste de façon radicale et originale puisqu'il veut fonder une «communauté anonyme», «inavouable», un «communisme d'écriture» passant par l'aventure fiévreuse et cocasse d'un Comité Etudiants-Ecrivains (je revois Marguerite Duras, pythie locale, tirant de son sac, de temps en temps, des instructions manuscrites de Blanchot). Le lyrisme augmente : nous vivons un événement «prodigieux», «démesuré», «irrépressible», l'avènement d'une nouvelle ère où le fantoche de Gaulle va disparaître à jamais (ce qui n'est pas faux, mais pas dans le sens prévu, l'actuel président de la République le prouve). «La Sorbonne occupée, ce pauvre bâtiment où s'enseignait millénairement un savoir vétuste, redevenait tout à coup, d'une manière extraordinairement insolite, un signe exalté par l'interdit : celui d'un savoir nouveau à reconquérir ou réinventer, un savoir sans loi et, comme tel, non- savoir : parole désormais incessante.»
La belle frénésie nihiliste se donne libre cours : «Plus de livre, plus jamais de livre, aussi longtemps que nous serons en rapport avec l'ébranlement de la rupture», parce qu'«un livre, même ouvert, tend à la clôture, forme raffinée de la répression», etc. On sait que le slogan «plus de livre» a été, depuis, massivement repris en sens contraire par l'industrie du spectacle et la marchandisation à tout-va. Blanchot parle du «camarade Castro», mais ne semble pas s'apercevoir, par la suite, de l'existence de Soljenitsyne. Il n'est pas stalinien, bien sûr, il se met même à lire Marx, mais il se fait tard, et la Technique affirme son règne. Il est savoureux de voir l'auteur d'un grand livre sur Sade et Lautréamont s'enthousiasmant soudain pour Gagarine. Il pense que la fin de l'Histoire est proche, que «plus rien ne sera comme avant». «La Révolution est derrière nous, mais ce qui est devant nous, et qui sera terrible, n'a pas encore de nom.» Inutile de dire que cette vision romantique va être cruellement démentie par les faits.
Plus rien n'est comme avant, en effet, mais il n'est pas sûr qu'il faille s'en réjouir. Blanchot cite Levinas : «La technique est dangereuse, mais moins dangereuse que les génies du lieu.» On est étonné de retrouver ici la condamnation du «paganisme», vieux cliché typiquement religieux. Au passage, notons que Freud est le grand absent de cette vision apocalyptique. Blanchot va même jusqu'à écrire : «Le système gaulliste est rentré dans la phase active de la psychose.» On voit Lacan sourire dans son coin. Mieux : «Aujourd'hui, ainsi que pendant la guerre de 1940 à 1944, le refus de collaborer avec toutes les institutions culturelles du pouvoir gaulliste doit s'imposer à tout écrivain, à tout artiste d'opposition comme la décision absolue.» J'avoue que devant ce tribunal, réuni un jour rue Saint-Benoît, chez Duras, ma réaction silencieuse a pu me valoir l'accusation de modérantisme. Il est vrai que je croyais savoir qu'entre 1940 et 1944 c'était Pétain et non de Gaulle qui était au pouvoir.
Quand tout s'effondre, à quoi se raccrocher ? Dans un texte hallucinant, paru en 1993 dans «la Règle du jeu», Blanchot, peut-être alors en pleine psychose, donne sa réponse. «L'Inquisition, dit-il, a détruit la religion catholique, en même temps qu'on tuait Giordano Bruno. La condamnation à mort de Rushdie pour son livre détruit la religion islamique. Reste la Bible, reste le judaïsme comme le respect d'autrui de par l'écriture même.» (Ici, léger sourire consterné de Spinoza.) Blanchot continue par son appel rituel à «la mort», puis tout à coup : «J'invite chez moi Rushdie (dans le Sud). J'invite chez moi le descendant ou successeur de Khomeini. Je serai entre vous deux, le Coran aussi. Venez.»
Vous vous frottez les yeux, vous relisez ces phrases. Mais oui, aucun doute, elles sont là.
Philippe Sollers
Le Nouvel Observateur du 10 juillet 2008
Découverte d'un manuscrit de Blaise Pascal inconnu
On ne possédait aucune pièce écrite de sa main dans cette discipline où il fit preuve d'un génie précoce.
Un manuscrit mathématique de Blaise Pascal a été découvert récemment à la Bibliothèque nationale de France (BNF). Il a été repéré par Dominique Descotes, professeur à l'université de Clermont-Ferrand-CNRS, parmi les clichés du manuscrit des Pensées que le Centre international Blaise-Pascal est en train de numériser. Il s'agit d'une page de brouillon écrite au dos d'un fragment des Pensées qui était jusqu'alors passée totalement inaperçue.
C'est un document unique et tout à fait exceptionnel, car on ne disposait à ce jour d'aucune trace écrite des recherches mathématiques conduites par l'auteur des Pensées. Très tôt, Pascal se montra extrêmement novateur dans cette discipline et y consacra beaucoup de temps et d'énergie. À 12 ans, il commença seul l'étude de la géométrie. Quatre ans plus tard, il présentait devant l'Académie des sciences de nouvelles formules permettant de projeter sur un plan des cercles tracés dans l'espace. De cet Essai pour les coniques qui ouvrit notamment la voie au dessin industriel, il ne reste rien de sa main. De même, les originaux de ses autres ouvrages de mathématiques ont tous été détruits après impression. Seules quelques lettres envoyées à Fermat, Sluse et Huygens, trois grands mathématiciens avec lesquels Pascal entretenait une correspondance, ont été conservées.
La pièce découverte à la BNF n'apporte rien de fondamental dans son contenu mais elle est précieuse pour tous ceux qui s'intéressent à Pascal.
Les questions qui sont abordées là ne se posent plus aujourd'hui. Certains termes utilisés sont même tombés en désuétude. «Il s'agit d'une page de brouillon où Pascal compare des volumes engendrés par la rotation de différentes surfaces autour d'un axe», explique Dominique Descotes. Après avoir longuement étudié cette page dont une partie a été déchirée, il présente ses conclusions dans le numéro d'août de la revue Historia mathematica. L'étude est accompagnée de plusieurs clichés, l'analyse d'un manuscrit n'ayant pas grand-chose à voir avec celle d'un texte imprimé.
Pascal a lui-même considéré que le théorème sur lequel il travaillait ne menait à rien. Il l'a abandonné en route et a réutilisé sa feuille en rédigeant de l'autre côté quelques notes rapides, reprises un peu plus tard dans une des lettres des Provinciales, l'ouvrage où Pascal défend les jansénistes et pourfend les travers des Jésuites. Une indication qui permet de dater le brouillon de la fin de 1657 ou du début de 1658.
Pour Dominique Descotes, ce manuscrit est néanmoins plein d'enseignements. «Il permet de voir comment Pascal travaillait, souligne-t-il. Chateaubriand et les romantiques s'imaginaient qu'il écrivait dans une sorte de folie créatrice et dans la plus grande confusion. C'est faux. On voit au contraire qu'il avait des méthodes précises et rigoureuses. Il avait même des techniques de travail très au point.»
Les critiques de Descartes
Cette feuille de brouillon apporte aussi, selon lui, un démenti aux critiques de Descartes qui reprochait à Pascal de ne pas maîtriser l'algèbre et les équations. «La légende d'un Pascal exclusivement géomètre demande à être révisée», assure le chercheur.
On n'écrit plus les mathématiques comme on le faisait au XVIe siècle. Il y avait encore une grande part de rhétorique dans les démonstrations. Les mathématiciens à qui le texte (pas le mansucrit) a été présenté l'ont trouvé très étrange. «Je suis un littéraire et c'est sans doute plus facile pour moi de le décrypter que pour eux», confie Dominique Descotes, très versé dans les mathématiques de cette époque.
Tous les littéraires ayant travaillé à la BNF sur les manuscrits des Pensées sont passés devant cette page de brouillon sans s'y arrêter. «La découverte de ce théorème inconnu montre à quel point le clivage entre les disciplines et une trop grande spécialisation peuvent limiter les connaissances dans de nombreux domaines», note Dominique Descotes en conclusion de son étude. [Le Figaro]