"Ecrits philosophiques et politiques (1926-1939). Œuvres complètes, tome I", de Georges Canguilhem : le tranchant de maître Cang

[Roger-Pol Droit, Le Monde] Chez les philosophes, on l'appelait "le Cang". Ses jugements étaient redoutés autant que révérés. Sa légende mêlait intransigeance, exactitude et exigence, des vertus souvent oubliées par les philosophes contemporains. Raymond Aron, dans ses Mémoires, s'en est souvenu : "Parfois il terrifiait les étudiants, mais il fut toujours respecté par eux." Si de ce maître on connaissait le mordant, la lucidité sans compromis, on admirait son savoir jamais pris en défaut et, plus encore, sa réserve souveraine. Comme il avait depuis toujours choisi la cohérence et la rigueur, comme il haïssait les démagogues, les hâbleurs et les bateleurs, Georges Canguilhem cultivait avec soin une modestie extrême. De lui, on ne savait que le minimum : enfant de la campagne, élève d'Alain, normalien avec Sartre et Nizan, directeur de l'inspection générale de philosophie en 1948, professeur à la Sorbonne de 1955 à 1971. Sans oublier l'essentiel : quelques études devenues classiques sur la naissance du concept de réflexe, le normal et le pathologique, la connaissance du vivant. Mais guère plus.

Ses dernières volontés n'arrangent rien : aucun hommage, aucune cérémonie, aucune "société des amis de..." Et aucun inédit ! Pareil sens du retrait a évidemment nui à la connaissance de sa vie comme à la reconnaissance de son oeuvre. Cet homme n'aurait dit à personne qu'il était un héros de la Résistance, responsable des réseaux Libération-Sud, organisateur d'hôpitaux de campagne pour les combattants clandestins. Ce philosophe, "normalien-paysan", était aussi médecin et avait mis son savoir au service des maquisards. Mais lui, pour évoquer les années de guerre, préférait célébrer la mémoire de Jean Cavaillès, l'un de ses condisciples philosophes de la rue d'Ulm, arrêté, torturé et fusillé. Canguilhem soulignait au passage que les penseurs du concept ne font pas de différence entre rectitude logique et droiture morale. C'est pourquoi ils se sont mieux comportés, sous le nazisme, que beaucoup de ceux qui n'avaient à la bouche que "la personne" et "la conscience", et dont on attendit en vain quelque dignité.
Sa "modestie ombrageuse", comme dit Jacques Bouveresse, a sans doute desservi la notoriété de Canguilhem. On a parfois jugé qu'il valait plus par ses disciples, tels Michel Foucault ou Dominique Lecourt, que par ses propres travaux. On a reconnu sa compétence originale comme historien des idées de la biologie et de la médecine, mais pas son envergure théorique de première grandeur. Voilà un malentendu grossier que la publication des Œuvres complètes va dissiper. Six volumes et quelques milliers de pages plus tard, on en reparlera. Car il se pourrait bien que le regard de la postérité soit, un jour, tout autre.

Pour l'heure, c'est carrément un auteur inconnu que ce premier gros volume fait découvrir. Il rassemble tous les textes épars du jeune Canguilhem, de 1926 à 1940, que personne n'a lus depuis lors. On s'y plonge d'abord avec jubilation, car à l'évidence ce penseur est un styliste. Chez lui, le tranchant des phrases s'ajuste exactement à l'acuité des analyses. Pour les lecteurs des grandes oeuvres de la maturité, ce n'est certes pas une surprise. En revanche, ce qui étonne, ici, est bien de découvrir, aux antipodes du professeur en retrait, un Canguilhem politique, un intellectuel fortement engagé, en un temps où Sartre ne l'était même pas.

Au lycée Henri-IV, c'est sous le magistère d'Alain que le jeune homme découvre la philosophie. Cette rencontre, qui va décider de toute sa vie, se fait sous le signe de la liberté de penser et du pacifisme le plus radical. Collaborant aux Libres propos, le journal d'Alain, le jeune philosophe consacre aux sujets du bac, aux livres du jour ou à la bêtise ambiante des textes mordants, dont la vacherie s'est rarement émoussée. Avec dureté, il combat surtout, des années durant, militarisme, bellicisme et tout uniforme de soldat.
Longtemps pacifiste radical, dans le droit-fil de son maître Alain, Canguilhem va toutefois s'éloigner de cette mouvance. La plupart des autres "alanistes" finiront dans le cloaque de la Collaboration, mais lui sera d'emblée chez les résistants. Le plus passionnant est de tenter de comprendre, en lisant ces textes, où se fait la rupture, et ce qui la motive. On l'aperçoit en lisant sa brochure sur Le Fascisme et les Paysans, rédigée pour le Comité de vigilance des intellectuels antifascistes, ou son Traité de logique et de morale, cosigné avec Camille Planet et publié en 1939.

Mais on peut l'entrevoir aussi dès l'un des premiers textes, où le jeune Canguilhem forge cette maxime : "Les conditions, qui les connaît les change." En un sens, tous les fils de son oeuvre peuvent se relier à cette phrase : la nécessité d'être attentif aux faits, la volonté de choisir au nom des valeurs et non de subir au nom des faits, l'exigence de comprendre pour agir, la revendication suprême d'une responsabilité humaine envers l'histoire, sur son versant technique comme sur son versant politique. Ajoutez-y son exploration de la biologie, où se joue désormais le XXIe siècle, et vous comprendrez pourquoi, au lieu d'être un professeur d'hier, maître Cang a tout d'un philosophe pour demain.


ECRITS PHILOSOPHIQUES ET POLITIQUES (1926-1939). ŒUVRES COMPLÈTES, TOME I de Georges Canguilhem. Edité sous la direction de Jean-François Braunstein et Yves Schwartz, préface de Jacques Bouveresse. Vrin, 1 032 p., 38 € (en librairie le 12 décembre).

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Foucault na USP

Embora recebido com apreço pela intelligentsia local, pensador causou ruído no Departamento de Filosofia da instituição, então de linha marxista
Publicado em 04 de julho de 2011

Caio Liudvik
“Era encantador, com um enorme senso do espetáculo. Ele e [Gérard] Lebrun formavam uma dupla espetacular, ambos jogaram com suas vidas além da prudência.” Assim José Arthur Giannotti, professor emérito do Departamento de Filosofia da Universidade de São Paulo, resume sua impressão acerca de Michel Foucault, de quem foi um dos principais interlocutores quando das visitas que o pensador francês fez a São Paulo, entre os anos 1960 e 70.

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Projecto Obras Completas de Aristóteles

O objectivo do projecto Obras Completas de Aristóteles consiste em tornar acessível ao leitor português a totalidade da colecção aristotélica, aí incluídos os cerca de trinta tratados completos que subsistiram até aos nossos dias, os textos que, de modo fragmentário, foram transmitidos pela tradição e ainda as sete obras apócrifas que circularam em época tardia sob o nome de Aristóteles.

http://www.obrasdearistoteles.net

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Lacan, 30 ans après : Que reste-t-il du psychanalyste et de son enseignement ?

Émission de Radio France Inter:

Lacan, 30 ans après : Que reste-t-il du psychanalyste et de son enseignement ?

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Jacques Lacan ( 1901-1981), par Virginie Bloch-Lainé

C’est dans les années 1940 que Jacques Lacan, fils de la moyenne bourgeoise catholique orléanaise, psychiatre de formation, s’installe à Paris comme psychanalyste à une adresse qui deviendra célèbre, le 5 rue de Lille. Son arrivée sur la scène analytique, calme depuis la disparition de Freud, correspond à un coup de tonnerre. Il bouleverse la théorie et la pratique analytiques, et forme jusqu’à la fin des années 1970, des générations de psychanalystes et d’intellectuels, convaincus, parfois passionnés, par ce qu’il appelle son retour à Freud, c’est-à-dire sa réinterprétation de la théorie freudienne. La cure aussi subit un ravalement : Lacan en bouleverse la durée, et interprète la parole de ses patients comme aucun autre analyste avant lui, avec en arrière-fond le structuralisme. 

Trente ans après la mort de Jacques Lacan, trois psychanalystes se souviennent de l’extrême singularité de ses séances, mais aussi du climat particulier que son œuvre et sa personne faisaient planer dans le milieu analytique : pour le meilleur, une énergie et une curiosité intellectuelles formidables, jumelées à un renouvellement de la théorie analytique encore inégalé ; une lucidité aussi utile que désespérante sur la condition humaine. Pour le pire, des brouilles et des ruptures incessantes entre ses disciples, et une vénération dangereuse de ces derniers pour leur maître. Jacques Lacan, extrêmement séduisant, ne protégeait pas ses patients, futurs psychanalystes ou non, contre lui-même … 

Émission de Radio de France Culture

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Aristóteles: Física

Aristóteles: Física. Gredos, 1995.

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Platão: Timeu e Crítias

O volume que se segue pretende, por um lado, apresentar uma nova tradução do Timeu, e, por outro, disponibilizar a primeira versão do texto do Crítias em português. Pelas razões que exporemos posteriormente (vide infra pp. 13-15), a nossa proposta assenta em considerar ambos os diálogos como um bloco uno tanto
a nível dramático como narrativo

https://bdigital.sib.uc.pt/jspui/handle/123456789/64

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Platão: Gorgias

PLATÃO. Górgias ou A Oratória. Tradução Jaime Bruna. São Paulo: Difusão Européia do Livro, 1973.

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Platão: Mênon (ed. bilingue)

PLATÃO. Mênon. (Trad. Maura Iglésias). Rio de Janeiro: Ed. PUC - Rio; Loyola, 2001.

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Platão: A República

PLATÃO. A República. Tradução Maria Helena da Rocha Pereira. 9 ed. Lisboa: Fundação Calouste Gulbenkian, 2001

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Jaeger: Platão: O Górgias

 

Werner Jaeger, Paidéia - A Formação do Homem Grego, cap. "O Górgias", SP, Martins Fontes, 1995


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Lorem Ipsum

"All testing, all confirmation and disconfirmation of a hypothesis takes place already within a system. And this system is not a more or less arbitrary and doubtful point of departure for all our arguments; no it belongs to the essence of what we call an argument. The system is not so much the point of departure, as the element in which our arguments have their life."
- Wittgenstein

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"Le poète ne retient pas ce qu’il découvre ; l’ayant transcrit, le perd bientôt. En cela réside sa nouveauté, son infini et son péril"

René Char, La Bibliothèque est en feu (1956)


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