Oct 5, 2010

PhiloMag: Le philosophe Claude Lefort est décédé dimanche 3 octobre à l'âge de 86 ans des suites d'un cancer. Figure majeure de la philosophie politique, inlassable critique du totalitarisme et défenseur de l'invention démocratique, il a contribué au retour de la question politique contre le marxisme dominant dans les années 60. Né en 1924, élève de Maurice Merleau-Ponty dont il deviendra le disciple et l'ami, fondateur aux côtés de Cornelius Castoriadis du mouvement Socialisme ou Barbarie, il enseigne la sociologie à l'Université de Caen– où il prend fait et cause pour les « enragés » en 1968 – avant de rejoindre l'École des Hautes Etudes en Sciences Sociales de Paris. Son audace politique et intellectuelle fut précoce : alors qu'il n'a pas 30 ans, il démonte le communisme de Sartre ou le scientisme de Lévi-Strauss dans Les Temps Modernes et est l'un des premiers à prendre fait et cause pour les grands dissidents (Kravtchenko, Soljenitsyne, mais aussi Rushdie). Résolument à gauche mais anti-communiste, admirateur des grands penseurs libéraux (de Guizot à Tocqueville) mais perpétuel lecteur de Marx, défenseur de la démocratie mais vigoureux critique du néo-libéralisme, ce penseur du conflit, de la division, avait l'art d'échapper aux clivages institués. Ses livres (Le travail de l'oeuvre Machiavel (Gallimard) Essais sur le politiques (Seuil), Le temps présent (Belin)) croisent la lecture des oeuvres (Machiavel, La Boétie, Marx, Tocqueville) et l'interprétation des grands événements du siècles, de la Révolution hongroise au 11 septembre.

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