Dec 15, 2010

Le livre II est consacré aux erreurs de l'imagination. Malebranche commence par élaborer une théorie purement physiologique de l'imagination reposant sur la théorie des esprits animaux de Descartes. L'aire, Le chyle, les nerfs, mais aussi le vin sont des causes du changement des esprits indépendants de la volonté mais soumis à la providence.

Malebranche analyse ensuite les causes psychologiques qui influencent à plus long terme les fibres du cerveau, telles que la mémoire, les habitudes... Soumettant cette analyse aux variations de l'âge et du sexe, il examine les communications entre le cerveau de la mère et de son enfant, entre le cerveau et les autres parties du corps et voit dans l'influence de l'imagination une explication de la génération des enfants monstrueux.

Il analyse ensuite les changements de l'imagination de l'enfant par l'influence de sa mère et de ses proches. Puis viennent les changements de l'imagination sous l'influence des études et de la lecture. Là, il critique la soumission à l'autorité, les commentateurs serviles et au contraire les inventeurs de nouveaux systèmes qui le plus souvent ne se préoccupent que de leurs propres fantaisies et enfin les sceptiques qui « regardent toutes choses qu'on leur dit comme de simples opinions ».

Enfin, après avoir considéré la faculté d'imitation comme l'origine de la communication des erreurs qui dépendent de la puissance de l'imagination, Malebranche analyse « la communication contagieuse des imaginations fortes ». Distinguant les fous véritables et les autres, il analyse leur puissance de persuasion à travers la critique sévère de certains auteurs (Tertullien, Sénèque et Montaigne qu'il exècre particulièrement), mais aussi des sorciers et des loups-garous qui sont de purs produits d'une imagination déréglée. Le livre se termine par une mise en garde contre les visions de l'imagination et leur communication aux autres hommes.

Si le Livre II, typique de la philosophie classique et du rationalisme se caractérise par une critique virulente de l'imagination, toujours suspectée de perturber le bon fonctionnement de l'entendement, Malebranche se singularise par son approche positive et physiologique des fonctions cérébrales, la finesse de ses analyses et le sens de l'observation et enfin par la volonté de concevoir l'imagination et ses déréglements comme un signe de la chute de l'homme et de la présence en lui du péché originel dont il défend, comme Augustin, la théorie de la propagation sexuelle.

Ed. Librairie Ch. Delagrave - lien - Archive.org

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